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Appelé par le Cœur du Monde…

Un appel flotte à travers le monde,
destiné à chaque être humain.
Il entre dans les oreilles qui entendent,
sans limite est sa force entraînante.

Et celui qui comprend cet appel
reçoit sur le chemin une force nouvelle
qui fait passer des ténèbres à la Lumière.
Cette voix divine est un don,
une main qui nous fait signe
à partir de notre vraie patrie.

Après le crépuscule et l’obscurité
à nous vient la Lumière,
et de cette source cachée
coule l’eau en abondance.

Le feu de l’Esprit est allumé.
Il éclate et rayonne de tous côtés.
Appelé par le Cœur du Monde,
l’être surmonte souffrance et hostilité.
Son action est une force
de gloire et de puissance.

Y. van Rijckenborgh



 Page de contact pour notre centre de la ville de Aix-marseille



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Pour toute question ou demande d'information complémentaire, vous pouvez utiliser notre formulaire, nous vous répondrons dans les plus bref délais.

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Vendredi 19 Mars 2010  à 20h - HOTEL CAMPANILE AIX, Zac de Bouffan route de Valcros
LA REVOLTE UN CHEMIN DE LIBERATION ?
Pour qui n’est pas aveugle, l’existence ici bas est remplie de motifs infinis de révolte : révolte pour manque d’amour et d ‘incompréhension, pour injustice. Révolte contre l’autorité, contre l’exploitation, révolte contre la maladie, la mort.
Quel idéal se cache derrière mes révoltes ?
Y a-t-il quelque part une doctrine dont le but soit suffisamment élevé, suffisamment noble, suffisamment pur qui puisse prendre la tête de notre révolte et la conduire à ce juste accomplissement de liberté infinie, sans borne dont elle exprime la soif ?
Y a-t-il une révolte qui puisse avoir pour elle le droit, universel, d’être ?
Donc une rébellion qui obtiendrait l’aval des dieux eux-mêmes ?
Il faudrait pour cela que nous trouvions la parfaite rébellion, celle dont non seulement moi-même mais le monde entier aurait besoin.
Existe-t-elle ? La trouverons-nous ?
: Existerait-il une révolte capable de changer totalement nos relations avec les hommes ?
Une autre révolte !
Une autre quête l
Une autre foi : La foi dans le seul vrai Bien : celui où le moi n’est pas, n’est plus !
Il devient une toute autre espèce d’âme combattante ! Animée du désir de se vaincre elle-même !
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Mercredi 24 Mars 2010  à 20h - ESPACE SALVATOR, 19 bd Salvator 13006 Marseille
LE CHERCHEUR FACE A L EXPERIENCE DE LA LIMITE
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Mars



Assis sur le roc

Je m’assis sur le roc,
L’incendie du monde
grondait comme le tonnerre,
me pénétrait, m’enveloppait.
J’en détournai mes sens
et cherchai le secret
de ma nuit intérieure.

Mon désir forait un puits,
et creusait profond,
toujours plus profond…

L’œil ne voyait rien,
l’oreille n’entendait rien.
Seul le vide,
infini, translucide.
Seul le silence,
paisible, immense.

Tout à coup, la Voix :

« Eveille-toi !
Sors du gouffre de l’oubli !
Souviens-toi du chemin !

Toi, vivant rayon
de la Grande Lumière,
Note cristalline,
de la Grande Symphonie,
Jadis, tu es parti.
Reviens !

De Moi, tu t’es détourné,
Tu as perdu la vie de l’Esprit,
quitté le jardin de l’Harmonie,
plongé dans les profondeurs,
et cherché le lieu
où les forces de la nature,
aveugles, se combattent.

Ainsi entras-tu dans l’incendie,
des sphères inférieures de l’Univers
où se mêlent Ténèbres et Lumière.

Alors tu as cherché
ce qui sépare
l’inférieur du supérieur,
l’intérieur de l’extérieur.

Alors tu as bu à la coupe
des désirs et de la douleur,
de la détresse et de la peur,
de la grandeur et décadence,
de la mort et de la naissance,
et tu as sombré dans l’erreur.

Tu M’as oublié,
Moi, Ton Père-Mère !

Rappelle-toi que la Lumière
est mêlée aux ténèbres,
Fais la distinction,
et sors de l’abîme.

Attache-toi à Ma Parole,
Sois un vif rayon de Ma Lumière,
une note limpide de Ma Symphonie.

Cherche le centre de l’Univers,
le jardin de l’Harmonie,
le royaume de la Lumière,
dont l’appel vient de ton cœur. »

Ainsi me dit la Parole,
quand je m’assis sur le roc
et que l’incendie du monde,
grondait comme le tonnerre.






Février



Il suffit de prendre une gorgée d’eau pour connaître la nature de l’eau. Celui qui en a goûté une partie, en connaît le tout par là-même. Une seule poignée de sable suffit pour apprendre à connaître la terre dans sa totalité. Bien qu’il y ait de nombreuses sortes de terre différentes, la notion terre et son essence sont toujours les mêmes. Ainsi des amis ont la même nature profonde. Celui qui s’y attache découvre que s’il en comprend un seul, il les comprend tous ; que s’il en éclaire un seul, il les éclaire tous. Sois satisfaite, ô Ame, de cette explication ; tu en obtiendras compréhension et soutien.
Je vois, ô Ame, que le semblable attire le semblable. Toi aussi tu dois reconnaître la vérité de tout cela. Alors tu rayonnes et tu as part à la vie et à la parole ; tu es intelligente et juste ; tu es pure et sans tâche ; tu possèdes la faculté du discernement et une volonté raisonnable. Ne t’associe pas alors, ne te lie pas d’amitié avec des choses matérielles, qui sont corrompues et obscures, dépourvues de lumière et de vie, sans compréhension ni justice, impures et souillées, et uniquement mues par des impulsions aveugles et des désirs hazardeux.
Si tu n’as pas confiance, ô Ame, dans ces explications, montre-moi alors comment les caractéristiques qui te sont propres, et que je viens d’énumérer, peuvent s’harmoniser avec celles de ceux qui vivent dans la matière. Il est impossible qu’une seule notion embrasse deux choses opposées.
Un homme sur le point de se noyer n’essaie pas d’attraper des poissons ; il doit s’occuper de quelque chose de plus urgent. Il en est de même d’un habitant de ce monde ; dès qu’il perçoit combien douloureuse est sa situation, il agit pour le salut de son âme, au point de n’avoir plus d’yeux pour les biens ou pour les plaisirs de ce monde.
En parcourant le chemin de la rédemption, ô Ame, tu dirigeras ton attention uniquement sur ce que tu as appris à connaître par expérience et c’est ce que tu rechercheras. Quand tu bornes ta connaissance à ce que tu perçois par les sens, cette connaissance sera le fil conducteur de ta progression ; mais si ta connaissance expérimentale est acquise dans l’esprit, et que tu préfères cette compréhension profonde à tout le reste, c’est elle qui sera ton guide et ton soutien.
Tu vois devant toi, ô Ame, deux demeures : un domaine perceptible par les sens, et un domaine perceptible par l’esprit. Ils te sont tous deux présentés. Tu fais des expériences dans les deux, tu les examines de tes propres yeux. Fais maintenant ton choix. Que tu choisisses l’un ou l’autre, tu ne seras repoussée ou rejetée par aucun des deux. Pars pour le domaine auquel tu donnes la préférence.
Si tu préfères le monde perceptible par les sens, accepte alors ce séjour dans les conditions que l’expérience t ‘a apprises. Mais si tu désires partir vers le monde uniquement perceptible par l’esprit, il faut, avant de prendre congé du monde des sens, considérer clairement le chemin à parcourir ainsi que la manière dont tu y progresseras, pas à pas, et dont tu arriveras, pas à pas, à la paix éternelle.
Si tu gardes ce chemin devant les yeux, sois alors vigilante et fais attention qu’en prenant congé, l’oubli et la crainte ne se placent entre toi et le chemin, de sorte que tu ne n’égares et ne te retrouves sur une fausse voie.
Si tu sombres dans l’oubli, tâche de retrouver alors la souvenance, et utilise à cette fin tout ce que t’ont dit ceux qui ont déjà parcouru ce chemin et le connaissent par expérience ; ce sont des pionniers et des guides. Ils sont des phares dans les ténèbres et des guides, qui t’indiquent le chemin pour atteindre le but.
Sache, ô Ame, que tout ce qui tend vers le haut, doit être léger, pur et juste, afin d’atteindre rapidement le but, et que tout ce qui s’incline vers le bas est lourd et impur. Plus il y a de légèreté, plus le but est vite atteint.

Hermès Trismégiste « du châtiment de l’âme »


Christianopolis, ville des Mystères...



En 1619 fut publié par Johann Valentin Andreae, un des fondateurs de la Rose-Croix du 17ème siècle, un ouvrage en latin intitulé « REIPUBLICAE CHRISTIANOPOLITANAE DESCRIPTION » (Description de la République de Christianopolis).
Christianopolis : la ville christique, la « Jérusalem céleste » ou « cité idéale », symbolisme utilisé par l’auteur pour inviter le lecteur à retrouver l’harmonie intérieure qui doit naître du rétablissement de la relation avec le pur champ de vie des âmes humaines libérées.

Quelques extraits de cette œuvre…
commentés par Yan Van Rijckenborgh dans
« CHRISTIANOPOLIS » (Editions du Septénaire).

Alors qu’en étranger je parcourais ce monde, endurant de nombreux régimes tyranniques et hypocrites, n’ayant pas encore trouvé l’homme qu’ardemment je cherchais, il me parut bon de me risquer de nouveau sur la Mer Académique, bien que celle-ci m’eût déjà fort souvent nui. C’est ainsi que je montai à bord du bon navire « Fantaisie » et avec beaucoup d’autres voyageurs quittai le port, exposant ma vie et ma personne aux mille dangers qui accompagnent le désir de connaissance.
Les conditions de notre voyage furent d’abord favorables. Mais des tempêtes de jalousie et de calomnie ne tardèrent pas à s’élever, qui soulevèrent contre nous la Mer Ethiopienne et nous ôtèrent tout espoir de calme traversée. Le capitaine et l’équipage payèrent de leur personne jusqu’au dernier. Par instinct de conservation nous ne nous donnâmes pas encore perdus, et le navire lui-même affrontait les récifs. Cependant la puissance des eaux s’amplifia. Alors que finalement nous avions déjà perdu tout espoir et que nous nous étions préparés à la mort plus par constatation de l’inévitable que par grandeur d’âme, le navire chavira et sombra.
Certains d’entre nous furent engloutis par la mer, d’autres furent dispersés au loin, tandis que d’autres encore, qui savaient nager ou avaient trouvé une planche, étaient entraînés vers diverses îles éparses sur cet océan. Les survivants ne furent que peu nombreux. Moi seul fus cependant rejeté enfin, sans compagnons, sur ce qui semblait être une minuscule motte de terre.
Tout me plut ici, sauf moi-même. L’île, aussi petite qu’elle parût, avait de tout en abondance et il n’était pas un lopin de terre qui ne fût exploité ou employé de quelque façon au bien général. L’île était située, comme je l’appris plus tard, dans l’hémisphère sud, à dix degrés du pôle sud, vingt degrés de l’équateur et environ douze degrés sous le signe du Taureau. Je ne voudrais pas entrer dans plus de détails sans importance.
L’île est de forme rectangulaire, d’un périmètre d’environ trente milles. Elle est riche de terres labourées et de prairies, irriguée par des rivières et des ruisseaux, ornée de forêts et de vignobles et elle pullule d’animaux. L’on aurait pu croire que le ciel et la terre s’étaient ici mariés en paix éternelle.
Alors qu’aux rayons du soleil matinal je faisais sécher ma chemise, le seul vêtement qui ne fût resté, un insulaire arriva soudain, appartenant aux veilleurs. Compatissant, il s’informa de mon malheur et comme il avait une sincère pitié de moi, me pria de lui faire confiance et de l’accompagner à la ville, où l’on me procurerait le plus nécessaire avec les bonnes dispositions habituelles à l’égard des étrangers et des exilés. Il ajouta : « Comme vous pouvez vous estimez heureux d’avoir été rejeté sur ce sol après un naufrage aussi terrible ! ». Ce à quoi je me contentai de répondre : « Que Dieu soit remercié ! Que Dieu soit loué ! ».

Alors que nous approchions de la ville, je fus particulièrement frappé par son apparence et sa beauté. Nulle part au monde je n’avais vu chose aussi belle ou qui puisse lui être comparée. Me tournant vers mon guide, je lui demandait : « Quelle heureuse fortune a donc fait ici sa demeure ? ». Il répondit : « Eh bien c’est ce qui dans ce monde est habituellement très malheureux. Car alors que le monde persécutait les bons et les chassait de leur communauté et de leur religion, ces derniers réunirent autour d’eux leurs meilleurs amis. Et après avoir traversé la mer et exploré divers lieux, ils choisirent finalement cette île afin de s’y établir avec leurs partisans. C’est alors que la ville fut construite, que nous nommes « Christianopolis » et qui doit être un refuge ou, si vous le préférez, un bastion de la vérité et de la probité. Vous éprouverez bientôt la générosité de notre république à l’égard de tous ceux qui se trouvent dans le malheur. Si vous désirez traverser la ville, vous devrez le faire avec cependant un œil impartial, une langue maîtrisée et un juste comportement – alors seulement cela ne vous sera pas refusé. La ville vous sera ouverte de toutes parts ».
Ce à quoi je répartis : « O heure bénie où, après avoir dû voir tant de monstruosités en crainte et tremblement, je jouis du privilège de percevoir quelque chose de vraiment aimable et beau. Je n’épargnerai ni bain, ni rasoir ou brosse pour être admis, lavé, rasé et purifié, dans le pur domaine de la bonté, de la vérité et de la justice. Car chacun sait depuis longtemps combien mes fautes et erreurs ont été funestes. O puissé-je voir un jour ce qui est meilleur, plus véritable et plus durable que ce que le monde a produit jusqu’à ce jour malgré ses belles promesses ! ».

Alors que nous atteignions la porte orientale, mon compagnon de route me présenta à la sentinelle de garde diurne, qui me salua poliment et demanda ce que je désirais. « Beaucoup » dis-je « car, comme vous le voyez, j’ai essuyé un naufrage. Estimant avoir ici rencontré Dieu en personne, comment n’y chercherais-je pas l’abondance de ce qui m’a tant manqué toute ma vie durant ? ».
La sentinelle sourit et me donna aimablement le conseil – puisque cette île ne souffrait rien qui ne lui convienne – de veiller à ne pas faire partie de ceux que les habitants n’avaient pas supportés auprès d’eux et qu’ils avaient renvoyés d’où ils venaient, c’est-à-dire les mendiants, les charlatants, les histrions et les oisifs, les touche-à-tout, ceux qui se préoccupent d’insolite ; les fanatiques dépourvus de véritable piété ; les empoisonneurs qui ruinent la science alchimique ; les imposteurs qui se présentent faussement comme frères de la Rose-Croix et autres qui souillent la science et la vraie culture. De tous ceux-là cette ville n’a jamais cessé de se méfier.
Après m’être lavé de tout soupçon par le témoignage de mon profond savoir et m’être engagé, avec force déclarations, à consacrer toutes mes énergies au service de la vérité et de la justice, la sentinelle déclara : « Il n’y a donc plus aucune raison que vous ne disposiez pas de notre bien, ni aussi, ce qui est encore plus important, de nous-mêmes ».
Sur ces mots, elle me prit par la main et me conduisit dans la demeure d’un des gardiens, qui ne se trouvait pas très loin, et me réconforta de précieux mets et boissons.
Maintenant que j’étais habillé de vêtements non point extraordinaires mais simples et commodes, il me remit à quelques compagnons qui m’amenèrent au second examinateur. Cet homme semblait né pour faire avouer à quiconque ses pensées les plus intimes et les plus cachées. Il répondit très aimablement à mes salutations et me posa amicalement plusieurs questions tout en observant minutieusement mon attitude et l’expression de mon visage. Plus souriant que grave, il s’informa, comme en passant, de mon pays natal, de mon âge et de mon mode de vie.
Nous échangeâmes quelques politesses et il me dit : « Sans aucun doute, mon ami, êtes-vous arrivé ici sous la conduite de Dieu, afin d’apprendre s’il est toujours nécessaire de faire le mal et de vivre selon les mœurs des barbares. Nous vous prouverons dès aujourd’hui que ce n’est nullement nécessaire, ainsi que nous le montrerons un jour à tous les hommes. Et nous le ferons avec d’autant plus de joie que votre nature et votre destin s’y prêtent excellemment, et que vous possédez un cœur ouvert à cela. Si vous êtes en effet guidé par Dieu, de sorte que vous soyez libre des convoitises de la chair, nous ne doutons plus que vous soyez déjà des nôtres et le restiez pour toujours ».
Tout en parlant ainsi, il me paraissait étudier si profondément le calme de mon être, l’expression de mon visage, l’exactitude de mes paroles, la tranquillité de mon regard, toute mon attitude, qu’il me semblait capable de sonder mes pensées les plus secrètes. Mais il le faisait d’une manière si affable et avec tant de considération que je ne pouvais rien lui cacher et avais le sentiment de tout pouvoir lui confier.
Après avoir ainsi mis mon âme à nu, il me dit enfin quelques paroles de science et termina par ces mots :
« Mon ami, vous voudrez bien me pardonner la façon si peu savante dont je me suis entretenu avec vous. Ne soyez pas découragé car, dans notre communauté, vous trouverez bien des personnes hautement instruites dans la science et dans la culture ».
En même temps il ordonna à un subordonné de m’accompagner vers un troisième examinateur. Il me donna la main en signe d’adieu, insistant pour que je sois confiant ; mais je pensais en moi-même : « Que le ciel me soutienne ! S’ils appellent cela un entretien peu savant, que doit-il m’advenir ? ».

Quand cette fois j’arrivai chez lui, je fus reçu avec autant d’amabilité que lors de ma dernière visite. Car je dois dire une fois pour toutes qu’il n’existe ici ni arrogance ni orgueil. Et cependant, dès que j’entendis cet homme parler, je me sentis plus confondu de honte que jamais. J’avais, comme Socrate, la sensation de ne rien savoir ; mais cela, dans un tout autre sens. Combien je regrettais d’avoir parlé de littérature ! Sur un ton des plus agréables, il me demanda dans quelle mesure j’avais appris à me maîtriser et à me mettre au service de mon prochain, à résister au monde, à être en harmonie avec la mort et à suivre l’Esprit ; quels progrès j’avais faits dans l’observation des cieux et de la terre, dans l’examen précis de la nature, dans les instruments de l’art, dans l’histoire et l’origine des langes, de l’harmonie du monde entier. Il me demanda encore quels étaient mes rapports avec la communauté religieuse, avec les saintes écritures, avec le Royaume des Cieux, avec l’école de l’Esprit, avec la fraternité du Christ, avec la communauté de Dieu.
Avec effarement, je remarquai combien peu de ce qui est offert à l’homme avec tant de générosité et d’abondance faisait véritablement partie de moi-même. L’unique chose qui me restait à faire en pareille circonstance était d’avouer sincèrement et je répondis : « Eminent Seigneur, toutes ces choses me sont parfaitement inconnues et je n’en ai jamais été instruit. Mais je peux vous assurer que j’ai très souvent été préoccupé à leur sujet, et que, désireux de les connaître, j’ai osé m’en approcher ».
Alors il s’exclama, presque en criant : « Vous êtes des nôtres, vous qui nous apportez une ardoise immaculée, comme lavée par la mer elle-même. Il ne nous reste qu’à prier Dieu qu’il grave en votre cœur, de son saint stylet, ce qui, selon sa sagesse et sa bonté, se révèlera pour vous. En vérité maintenant, vous contemplerez notre ville dans tous ses détails. Lorsque vous reviendrez, nous écouterons ce que vous voudrez bien encore nous demander et nous y répondrons pour autant que nous y serons mentalement prêts et aptes ».
Et il me fit accompagner de trois hommes : Béeram, Eram et Néariam, dont la tenue démontrait la dignité, et qui me conduiraient partout et me montreraient tout.
Suit la description de la ville…


Mani, une ligne de conduite...



L’ « âme de Lumière » provient des forces du règne de la Lumière, tandis que l’ « âme du corps » provient de la même matière obscure d’où est né le monde périssable. Ces deux âmes ont les mêmes caractéristiques mais l’opposition fondamentale est la façon dont leurs caractéristiques opèrent dans la pratique.
Ces caractéristiques sont : réflexion, pensée, compréhension, intuition, décision. Les résultats montrent la différence fondamentale entre elle deux.
Pour l’âme du corps, les résultats sont : colère, incroyance, désir, haine, stupidité. Tandis que pour l’âme de Lumière ce sont : patience, foi, perfection, amour, sagesse.

C’est dans la pratique que l’on passe les « épreuves ».
Ainsi pouvez-vous, si vous voulez rétablir l’unité entre vous et le divin grâce aux pensées, sentiments et comportement, discerner quelle âme inspire votre vie et votre comportement.

Hymne de Mani (216-274) :

Que dois-je faire, Lumière, pour vivre véritablement ?

Donne tranquillité à tes mains et revêts-toi de la pure vérité.
Donne l’amour à ta conscience, donne la foi à ton intelligence,
Donne la perfection à tes pensées,
Donne la persévérance à ta décision,
Ainsi que la sagesse à tes réflexions.

Donne de l’espace en toi à la colombe aux blanches ailes,
Et qu’aucun serpent ne s’approche d’elle.
Ne donne lieu à aucune tristesse ou colère,
Soumets tes désirs,
Vaincs la prétention et l’arrogance,
Ne délaisse pas ton amour de Dieu.

Avec la perfection, tu deviendras parfait,
Avec la patience, tu supporteras tout,
Avec la Gnose tu comprendras tout,
Tiens-t-en à la loi intérieure,
Que tes actes soient parfaits.
Reste à cela pour toujours d’une fidélité inébranlable,

Et tu vivras, mon âme.


Le Symbole, langage universel



« La Vérité n’est pas apparue au monde nue mais en symboles et en images, sinon le monde ne pourrait pas la recevoir »
(l’Evangile de Philippe, Nag Hammadi)

A l’origine, le symbole est un signe hermétique marquant le rapport entre « haut » et « bas ». C’est la rencontre entre deux mondes : le supérieur et l’inférieur, le plan extérieur et l’arrière-plan, le conscient et l’inconscient, l’idée et l’apparence. Les anciens symboles religieux se rapportaient à la Vérité et à la voie qui y mène.

Le mot « symbole » vient du verbe grec « symballein » qui veut dire « rapprocher » ; un symbole est donc la représentation d’un concept ou d’un processus auquel la structure du symbole ressemble, pourrait-on dire. La notion de symbole était utilisée, entre autres, pour indiquer que deux moitiés d’un anneau ou d’une tablette délibérément cassés étaient de nouveau réunies. Ainsi l’union de deux éléments séparés et pourtant apparentés indique donc bien le rapprochement de deux choses sur un même plan. De là vient son sens actuel : indiquer qu’une chose inférieure peut exprimer une chose supérieure. Il s’ensuit que le symbole franchit une frontière qu’il est ainsi possible de reconnaître consciemment.

Il existe un langage universel qui s’exprime au moyen de la musique, des symboles et des images. Il ne s’adresse pas à l’intellect mais à l’âme qui s’éveille. Une onde porteuse confère au monde la beauté, et une force incite à créer de façon à toucher autrui. C’est dans cette langue que la Lumière se révèle dans la matière.

Un symbole universel est une porte entre le temps et l’éternité, un message spirituel relié à la vie divine, une force qui descend du champ de vie originel. Ainsi l’humanité reçoit-elle de l’aide pour découvrir la vérité manifestée, la comprendre et se transformer elle-même en une vivante réalité pour accomplir sa véritable destinée : retourner à Dieu.

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